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Réflexion : Les bienfaits de la nouveauté de l'EPS à l'école

Débat réflexif avec M. Kazmierczak (professeur à l'ESPE de Livry-Gargan) sur l'utilisation de l'EPS à l'école

Les bienfaits de la nouveauté dans les cours d’EPS

sur les apprentissages à l’école primaire 

 Présentation des mots clés et développement par rapport à notre sujet  :

 

  • Pédagogie -> la pédagogie est au centre de notre étude. En effet, face au renouveau didactique et pédagogique de ces dernières années, il est intéressant de constater que certaines choses changent et d’autres, restent. L’exemple de la refondation des IUFM en ESPE en est l’exemple flagrant. Sur l’académie de Montpellier (ville de Nîmes), les IUFM sont tout d’abord devenu des FDE (facultés d’éducation) avant de devenir des ESPE. L’enseignement mit en place dans cette académie-là, reconnu comme élitiste (au vue du niveau et des nombres de poste dans cette académie mais aussi, concernant le niveau d’exigence  : modalités d’évaluation, devoirs à rendre, oraux réguliers, … au contraire de certaines académies malheureusement), est maintenu dans la nouvelle plaquette d’enseignement. Au contraire par exemple, de l’académie de Créteil qui a une toute autre pédagogie, car il manque cruellement des professeurs dans celle-ci. Le renouveau au niveau des enseignants et donc, des enseignements se voit totalement évoluer avec l’arrivée de nouveaux professeurs. S’oppose donc dans l’ESPE de Nîmes par exemple (académie de Montpellier), la pédagogie plus ancienne, élitiste, et une pédagogie nouvelle, plus bienveillante mais, moins élitiste (moins élitiste ne veux pas dire plus facile, le terme est plus profond). Tout cela pour vous expliquer rapidement l’évolution au niveau de la pédagogie. Cela reste sommaire car nous pourrions développer plus en détail.

 

  • Processus d’apprentissage -> la mise en place d’ateliers non-conventionnels permet de diversifier les processus d’apprentissages comme vous allez le constater lors de cette étude.

 

  • Autorité -> l’autorité est une composante essentielle de l’enseignement. Pour mettre en place une activité, quel qu’elle soit, il faut avoir déjà une certaine autorité sur sa classe sinon, cela peut très vite dégénérer et devenir n’importe quoi. Ce que nous appellerons dans cette étude «  ouverture d’esprit  » sera donc un tout  et sera vu comme un avantage majeur pour l’enseignant de l’école primaire. Il y a déjà une centaine de professeur des écoles qui sont sorties de leur classe car ils n’ont aucune autorité sur leurs élèves. C’est donc un point à ne pas négliger  !

 

  • Gestion de classe -> lors d’activités physiques et sportives (APS), la gestion de classe  est primordiale. Il en va bien évidemment de même dans les autres matières notamment en musique ou arts visuels. Pourquoi alors, je cible les APS et non, tous les cours  ? Car les élèves ont souvent tendance à associer l’APS ou EPS à une récréation. Certes, des apprentissages sont faits en récréation, mais lors d’une APS, la gestion de classe est primordiale pour faciliter et favoriser les apprentissages. Cette gestion de classe comme je le répète relève deux points importants  : en récréation, nous ne «  gérons  » pas notre classe en revanche, cette «  gestion  » est stigmatisée tout au long de notre formation de master MEEF (formation de professeur des écoles). Selon moi, je ne «  gère  » pas ma classe  : mes élèves sont en sécurité et sont en situation d’apprentissage, mais je ne suis pas un gestionnaire… C’est cela aussi, selon moi, l’ouverture d’esprit  : mon objectif idéal serais d’amener seulement le sujet en classe et de laisser les élèves travailler en groupe classe. Cet idéal est sans doute impossible mais je fais de mon mieux pour «  m’effacer le plus possible  ». Ce point de vue pourrait être développé.

 

  • Nouvelles problématiques éducatives -> Une des nouvelles problématiques éducatives est le problème du niveau scolaire et de l’intérêt des élèves pour l’école. Cela est à mettre en lien direct avec la problématique de «  l’échec scolaire  » bien entendu. L’APS permet, entre autre, de canaliser les élèves et de les faire s’exprimer autrement. Cela dans le but de favoriser les différents apprentissages.

 

  • Climat scolaire -> le climat scolaire est une des nouvelles problématiques de l’école primaire. En effet, la gestion de ce climat scolaire est primordiale. Une des manières de favoriser celui-ci est de se rapprocher des élèves. Non pas en tant que «  copain  » mais bien en tant qu’enseignant qui participe à l’enseignement et pas seulement, celui qui le transmet. L’exemple d’un enseignant qui participe aux APS est l’exemple le plus flagrant. Enseigner c’est notre rôle mais vivre l’enseignement et le montrer aux élèves est selon moi primordial. L’exemple flagrant est lors d’un des SOPA (stage d’observation et de pratique accompagnée effectué en master 1 MEEF) où l’enseignant dit aux élèves de faire un mouvement qu’il ne sait pas faire… Résultat, un des élèves se blesse à la nuque et il faut rapidement aller chercher de la glace et tout ce qui s’en suit (appel des parents, etc.). Il est vrai que la blessure n’est pas la «  faute  » de l’enseignant. En revanche, s’il avait montré le mouvement ou du moins, déjà fais dans sa vie ce mouvement, il saurait que faire un ATR (appui tendu renversé) avec finition en roulade est très dangereux pour un élève en surpoids. Il faut vivre le mouvement pour le comprendre et, l’enseigner. Un bémol cependant  : je ne remets pas en cause le comportement de cet enseignant. Je vous propose seulement un exemple pour étayer mon idée. De même, lors de cette séance, les élèves de cette classe étaient très dispersés car, si je peux me permettre, les consignes n’étaient pas claires. Ce n’est pas la faute de l’enseignant, il ne sait tout simplement pas comment se déroule ce mouvement. L’idée de nouveauté intervient alors pour remplacer par exemple cet exercice de gymnastique  : la roulade sautée sur l’épaule, par exemple, permet de travailler la gestion de la peur en partant d’une position haute (sensations différentes mais similaires). Le climat scolaire peut être amélioré, aussi, lors des cours d’APS. Bien sûr je le répète, il ne s’agit pas de critiquer l’un de mes collègues, que je respecte, mais bien de démontrer les avantages de pouvoir montrer ce que l’on explique ou, de mettre en place une séance différente, adapté aux capacités de l’enseignant. J’aimerais présenter ce point de vue.

 

  1. Hennequin : S’interroger sur les bienfaits de telle ou telle nouveauté revient de fait à se dire un fait précis  : la nouveauté n’est pas acceptée par tous. En effet, quel que soit la thématique traitée, une nouveauté peut être soit une évolution, soit une révolution. Le terme est fort cependant, pour avancer, en bien comme en mal, il faut toujours reconstruire. Pour vous expliquer cela, voici deux exemples intéressants, selon moi  : lorsqu’Hitler a instauré sa doxa, il a détruit une idée et créé une nouvelle idéologie. Lorsque Walt Disney a voulu créer Disneyland, il venait d’être licencié pour manque d’imagination... Construction et révolution, sont donc inextricablement liées lors d’une quelconque évolution. Ces deux exemples sont radicalement opposés mais permettent de comprendre notre sujet.

 

  1. Kazmierczak : Je ne vois pas ce que viennent faire ici les deux  noms auxquels vous faites référence.  Je ne vois guère en quoi ils permettent  de comprendre votre sujet. 

 

  1. Hennequin : Ces deux exemples permettent d’étayer mon propos. En effet, si je cite Delavier et Paul Wade, il n’y a que les personnes du domaine de la santé, sport ou nutrition, qui les connaissent. Pourtant, ce sont deux personnes mondialement reconnues mais, dans le monde de la santé et du sport. Pour justifier cela, j’aimerais ajouter ceci qui permettra de comprendre pourquoi j’avais cité deux personnages connus mondialement. Lorsque j’ai mis en place une séquence de cross-fit (niveau adapté aux enfants) dans une école maternelle, les enseignants ont valorisé mon idée, et même demandé, ma séquence et fiche de préparation pour le faire dans leur classe. En revanche, à l’ex-FDE de Nîmes (actuellement ESPE), lorsque j’ai proposé cette même séquence à l’ESPE lors de l’oral d’ASP (analyse socioprofessionnelle), ils ont refusé que je présente la séance car selon eux, l’Éducation Nationale ne préconise pas cela dans la liberté pédagogique de l’enseignant. J’aimerais donc vous présenter cela dans le cadre de cette petite étude. Je ne vais pas vous copier bêtement ma séquence. En revanche, je vais vous démontrer l’intérêt de la nouveauté dans les processus d’apprentissage. Cela, dans l’enseignement de l’EPS mais aussi, dans l’enseignement en général. C’est une ouverture d’esprit qui peut être valorisé par l’Éducation Nationale en tant que liberté pédagogique.

 

La nouveauté dans les cours d’EPS à l’école primaire… Deuxième fait  : les cours d’EPS sont structurés mais de fait sont aussi, peut-être, trop codifiés. En effet, nous sommes dans une société française en pleine évolution, touchée par une mixité de culture mais aussi par des protagonistes totalement différents voire opposés par leur culture, religion, …

 

  1. Kazmierczak : Vous vous aventurez dans des considérations  bien vastes, la société française en pleine évolution touchée  par etc....  Je ne vois guère  encore comment vous allez faire pour rapprocher des cours d'EPS,  fussent-ils empreints de nouveauté, de telles considérations. 

 

  1. Hennequin : Je comprends. L’intérêt de faire cette étude (étude certes modeste en seulement quelques pages mais, qui me semble importante pour ouvrir sur un travail plus important, peut être dans le cadre de l’UE recherche au second semestre ou tout simplement, en continuant de travailler avec vous sur ce thème, après la notation) est justement de mettre en avant le rapport majeur, mais souvent mit de côté, entre l’évolution de la société et l’école primaire. L’exemple le plus frappant est celui du terme «  communauté  ». Nous devons dire qu’il n y a pas de communauté en France. Les élèves apprennent donc cela. Mais, arrivé dans la vie active ou, même avant, ils découvriront qu’il y a bel et bien des communautés en France. Il suffit de se renseigner sur tous les débats actuels sur les inégalités sociales. Jouer sur les mots devient une habitude  : nous pouvons démontrer qu'il y a des communautés mais aussi, qu'il y en a pas ! Suffit de jouer avec notre explication ! C’est l’exemple le plus flagrant de l’opposition entre réalité professionnelle et l’enseignement à l’école. Mais revenons donc sur nos cours d’EPS  ! Un de mes élèves est en grande difficulté (c’est le seul de la classe qui ne sait pas lire et presque pas écrire en français). Il est donc toujours repéré par les autres élèves comme «  celui qui ne comprend rien  ». Ma réaction à cette affirmation est importante mais hors sujet. Concentrons-nous sur l’EPS  : en EPS, c’est cet élève-là qui comprend plus vite que les autres ma manière d’enseigner. Pourquoi  ? La question n’est pas vraiment là. En revanche, il est aujourd’hui intégré au groupe-classe au lieu d’être rejeté par les autres élèves (quoi que je fasse pour empêcher ce rejet). Que s’est-il donc passé  ? Lors d’activité «  non-conventionnelles  » faîtes en EPS, comme la séquence d’EPS que j’avais testée en grande section de maternelle (SOPA), je suis arrivé à la conclusion que ce genre d'élève aura des facilitées à aller vers de nouveaux apprentissages. Je vous laisse imaginer la suite  ! Voir le montage-photo des 4 exercices de la séance découverte à la fin de sette étude (source  : style.bookspace.fr).

 

 

     Lors de mes différents SOPA (stage d’observation pratique accompagné) mais aussi, lors de ma pratique en tant qu’enseignant en CE1, je me suis rendu compte de ces trois faits suivant  :

  • Les élèves raffolent de nouveauté si l’on arrive à leur faire comprendre le sens de cet apprentissage.

 

  1. Kazmierczak : En quoi le sujet  proposé est-il spécifique  de ces propos ?  D'autant que  ce sont des généralités très contestables  :  Vous  pouvez tout aussi bien dire que les élèves ont  une grande crainte de la nouveauté,  puisque, par définition, celle-ci dérange les habitudes, parfois  laborieusement  acquises. 

 

  1. Hennequin : En effet, vous avez entièrement raison. Je n’ai pu tester mes dires seulement pour 4 classes différentes et, dans mon passé d’entraîneur sportif pour adolescents et jeunes en difficultés. Je m’appuierais donc sur cela. En tout cas, concernant les 4 classes testées, il y a un point qui revient  face à la nouveauté  : les élèves en difficultés progressent beaucoup plus rapidement que les élèves dits «  d’un bon niveau  ». Les élèves «  moyens  » eux, sont un peu entre les deux. Tout d’abord, ils ont des difficultés par peur (concernant la majorité de ces quatre classes) puis, ils intègrent cette notion de nouveauté comme un défi et, «  en redemandent  »  ! (Si je peux me permettre l’expression). C’est justement le cas de l’élève dont je vous ai parlé plus haut.

 

  • Il est possible de mettre en place de nouvelles pratiques sans pour autant changer les apprentissages  : une séquence permet de mettre en place des apprentissages. Le choix d’une activité en particulier est au choix de l’enseignant. Il y a des activités interdites tel que la musculation. D’autres sont conseillés et d’autres, intégré par les enseignants.

 

  • Les parents soutiennent nos initiatives dès qu’ils constatent que leurs enfants sont plus attentifs et sérieux en classe. Certains préfèrent en effet ce qui est «  gravé dans le marbre  » mais d’autres, valorise cela. Quoi qu’il en soit, les parents sont contents de cette manière d’enseigner puisque leurs enfants progressent.

 

Nous nous sommes donc interrogés, preuves à l’appui testées sur mes élèves, des bienfaits de la nouveauté dans les cours d’EPS sur les apprentissages à l’école primaire.

 

  1. Kazmierczak : Enfin et surtout,  vous parlez de "la nouveauté" comme d'une entité dont  on ne voit absolument ce qu'elle  peut recouvrir,  on peut à ce moment-là lui faire dire tout et son contraire. En quoi, par exemple, la nouveauté en EPS diffère-t-elle du français, des math, etc... Et puis, la nouveauté pour elle-même, à quoi bon ? Le fait que les élèves en raffolent, comme vous dites, ne constitue en aucun cas une raison  (ils raffolent aussi du coca cola et  de leurs jeux vidéo...). Nouveauté par rapport à quoi  ? A des pratiques anciennes que  vous jugez dépassées,  à des modalités, etc. 

 

  1. Hennequin : Concernant cela, je pense que la nouveauté en français ou math par exemple, n’est pas bonne. Tout du moins au début de notre carrière. Il y a des méthodes qui fonctionnent et qui sont préconisées par l’Éducation Nationale. Alors je m’y tiens. Mais alors, allez-vous me dire, pourquoi en EPS  ? Tout simplement car mon passé professionnel d’entraîneur m’a donné de nouvelles clés pour favoriser l’enseignement, une nouvelle manière d’apprendre. Deuxième question alors, si je n’avais pas été entraîneur, je ne pourrai donc pas affirmer cela? Oui, je ne serai pas capable alors, d’avancer ces idées-là qui proviennent de ma propre expérience auprès d’adolescents en pleine croissance. Sans des compétences et connaissances précises, acquises en me formant dans ce domaine. J’aimerais justement vous expliquer tout cela pour essayer, peut-être (je préfère viser haut lorsque je me lance dans un travail), d’apporter une ouverture sur l’enseignement de l’EPS à l’école primaire.

 

  1. Kazmierczak : Je crains que ce qui vous guette,  et là vous sortiriez du cahier des charges  institutionnel,  ce serait de fonder votre discours uniquement sur l'EPS,  votre  travail deviendrait  alors  seulement disciplinaire,  alors que cette UE si situe dans une perspective transversale.

 

  1. Hennequin : Puis-je me permettre de ce que vous entendez par disciplinaire ? Car mon enseignement en EPS, pour ma classe de CE1 en tout cas, est en lien direct avec la santé, l’instruction civique et morale (enseignement moral et civique), avec le français et tout simplement, avec le devenir citoyen. Sans parler du lien avec les mathématiques au niveau de la mesure du temps par exemple. Mon enseignement, comme le préconise l’Éducation Nationale, est en lien avec le référentiel imposé : connaître mes élèves et les processus d'apprentissage, prendre en compte la diversité de mes élèves, agir en éducateur responsable et selon des principes éthiques mais aussi, inscrire mon action dans le cadre des principes fondamentaux du système éducatif et dans le cadre réglementaire de l'école où j'enseigne. De plus, depuis le début de cette petite étude, je n’ai, concrètement, que peu parlé d’EPS. L’EPS est le fil conducteur pour traiter de pédagogie, de climat scolaire, d’inégalités sociales même (sujet très vaste mais que nous pourrions abordés ici si le temps nous le permettait lors d’un futur débat?) et les autres thèmes-clés présentés au début de cette étude. Quoi qu’il en soit, les pratiques enseignantes, nouvelles ou non, ne sont pas dépassés, je ne me permettrais pas de le dire étant donné que je ne suis pas du tout spécialisé dans ce domaines et que je respecte tout le travail fait par l’Éducation Nationale. En revanche, comme vous l’avez constaté, il y a des avantages évidents, à mettre en place des choses nouvelles lors des séquences d’EPS. La «  nouveauté pour la nouveauté » est donc inutile voire nocive. Tandis que l’ouverture d’esprit apporté par des enseignants aux cursus différents (notamment ceux comme moi, en reconversion), peut être extrêmement profitable. Ce point-là pourrait être développé lors des formations des enseignants, chaque année, sur «  magistère  » (formation obligatoire pour chaque enseignant).

 

Merci en tout cas à M. Kazmierczak de me donner la chance de partager cela avec vous. J'espère avoir choqué et que vous, enseignants, passionnés de sport, parents ou pédagogues, allez vous interroger sur mes propos. Je suis ouvert à vos commentaires, débattons donc  ! Bonne fin de journée.

 

 

 

 

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