All for Joomla All for Webmasters

C’est un processus pour connaître la manière individuelle de parcourir sa vie. Trois phases : constater ce qui nous a toujours empêchés d’avancer. Deuxièmement, aujourd’hui et à partir d’aujourd’hui, comment vais-je m’envisager ? Pour aller vers la troisième phase qui est l’épanouissement de chacun. L’épanouissement intérieur. Réussir.

Première phase : Comme nous l’a appris  René Descartes, nous devons nous mettre en doute. Faire une autocritique de nos jugements, de nos vérités, de ce que nous croyons, de nos capacités, de nos compétences. Trop souvent, nous n’avançons pas, sinon sur le mauvais sentier, à cause d’une mésestime de nous-mêmes, d’excuses bidons (« oh non je ne serais pas capable de, ce n’est pas pour moi, …). Pendant des années, et ceci renouvelé chaque an, nous nous sommes promis d’arrêter telle chose, de faire telle autre chose. Et finalement, nous n’avons rien fait. Le pire dans tout cela ce sont les excuses que nous nous donnons de ne pas avoir fait ceci ou d’avoir fait cela : nous sommes les rois et les reines de la mauvaise foi.

 

Deuxième phase : Être dans le présent, dans un réalisme absolu, accéder enfin à la bonne foi (amour de la vérité). Me regarder droit dans les yeux, non pas pour me faire culpabiliser, ni émettre des jugements de valeur sur moi (qui seraient encore une forme d’excuses). A travers mes pratiques, essayer de me connaître moi-même, dans mes fragilités, mes points forts, mes capacités, ma sensibilité, mes compétences. Apprendre à observer et écouter les autres, le monde et moi-même. Nous devons comprendre que les difficultés sont en nous, notre seul ennemi est nous-mêmes. Ceci serait la première règle qui nous amènerait à une réussite. La deuxième serait de comprendre que dans toute dualité avec d’autres : nous sommes les acteurs de ce conflit. Arrêter d’accuser les autres pour s’interroger sur son propre positionnement. Qu’est-ce que nous engendrons ? Qu’est-ce que nous laissons faire qui aurait du cesser immédiatement dans ma relation à l’autre ?

 

Troisième phase, nous sommes déjà sur le chemin de l’épanouissement. Il est nécessaire de pérenniser, au jour le jour, une joie de vivre. Car il est tellement joyeux d’être acteur de sa vie et responsable de ses actes. Et comme nous le disait Nietzsche, « il faut être comme les vaches, il faut ruminer » et ne pas avoir peur de suivre le cours qui s’offre à nous comme un long fleuve de plaisirs. Il nous disait aussi « il faut philosopher à coup de marteau ». C’est-à-dire mettre et remettre sur le métier tous les jours et ne pas avoir peur d’écraser les préjugés et les opinions. Peu à peu émergera un plan de vie, une direction, notre vie prendra sens. Nous saurons dans quels domaines nous pourrons déployer nos capacités, notre sensibilité, nos compétences : nous épanouir dans le temps, tout au long de notre vie.

 

 

Scolie 1 : cette démarche nécessite d’être, au jour le jour, dans une éthique personnelle. En effet, nous ne pouvons être assurés de vivre de bonne foi tant que nous n’avons pas défini, avec assurance, les différentes vertus qui éclaireront notre chemin. Pour exemples :

Comme l’affirme Comté-Sponville (dans le « Petit traité des grandes vertus »), la douceur est d’abord une paix, réelle ou souhaitée : c’est le contraire de la guerre, de la cruauté, de la brutalité, de l’agressivité, de la violence…Paix intérieure, et la seule qui soit une vertu. La douceur est une force, c’est pourquoi elle est une vertu : c’est force en état de paix, force paisible et douce, pleine de patience et de mansuétude. C’est le refus de faire souffrir, de détruire (quand ce n’est pas indispensable), de saccager. C’est respect protection, bienveillance.

Il nous parle aussi de la simplicité étant l'existence même, en tant que rien ne s'y ajoute. Tout est plus simple qu'on ne peut l'imaginer et en même temps plus enchevêtré qu'on ne saurait le concevoir. La simplicité est la vérité des vertus ; chacune n'est elle-même qu'à la condition d'être libérée du souci de paraître et même du souci d'être, qu'à la condition donc d'être sans recherche, sans artifice, sans prétention (Comté-Sponville).

L’humour : manquer d'humour, c'est manquer d'humilité, c'est manquer de lucidité, c'est manquer de légèreté, c'est être trop plein de soi, trop dupe de soi, c'est être trop sévère ou trop agressif, c'est manquer par là, presque toujours, de générosité, de douceur, de miséricorde (Comté-Sponville).

La prudence appliquée aux plaisirs : jouir le plus possible, le mieux possible, mais par une intensification de la sensation ou de la conscience qu’on en prend, et non par la multiplication indéfinie de ses objets. Régulation volontaire de la pulsion de vie, une saine affirmation de notre puissance d’exister et spécialement de la puissance de notre âme sur les impulsions irraisonnées de nos affects ou de nos appétits. (Comté-Sponville).

Le courage est la capacité à surmonter la peur. Mais cette capacité ne devient une vertu qu’au service d’autrui ou d’une cause générale et généreuse (Comté-Sponville).

La justice est cette vertu par laquelle chacun tend à surmonter la tentation qui consiste à se mettre plus haut que tout et à tout sacrifier, en conséquence, à ses désirs ou à ses intérêts (Comté-Sponville).

Ce petit panel de vertus nous permet de rester sur le chemin éclairé de notre vie sans faille, sans interruptions, car il n’y a de vertueux que dans la persévérance.

 

Scolie 2 : admettre que nous nous définissons trop facilement seulement quand tout va bien, quand nous ne sommes pas confrontés à la souffrance, à la trahison, à l’humiliation, à l’abandon, à l’injustice. Mais qu’advient-il quand nous sommes au pied du mur ? N’est-ce pas là que nous devenons agressif voire violent ? Que nous nous effondrons ? Que nous sommes paralysés par une peur d’agir ?

Nous nous rencontrons les jours néfastes à travers nos réactions. Quelle dose de mauvaise foi mettons-nous dans la balance pour ne pas prendre conscience de nos fragilités ? Et de nous raconter des histoires sur nous-mêmes.

Le plus difficile et le plus délicat est d’admettre que nous ne sommes que des êtres humains. Nous ne sommes pas différents les uns des autres quand aux défauts qui composent notre nature humaine.

Condition initiale et nécessaire pour entamer cette démarche de vie.

 

Scolie 3 : nous avons abordé dans ce texte la notion de plaisir : plaisir d’être, joie de vivre. Ce contentement au jour le jour, dans notre vie, est le but. Nous recherchons tous le bonheur. Stendhal disait « la chasse au bonheur est ouverte tous les matins ». Je ne ressens du plaisir que quand je vis mes désirs. « Le désir est l’unique force motrice », disait Aristote. Ce qui m’enthousiasme commence par mon désir. Je n’agis avec motivation que si je respecte mes désirs d’être. Je parcours le chemin de ma vie avec sérénité et joie que si je comprends que les nécessités ou les envies sont les sources de mon énergie : « Le désir est l’essence même de l’homme » (Spinoza). Mon énergie, mon flux de vie prend forme sous la forme de mes désirs. Ma volonté sera de vivre ces désirs en me respectant et en tenant comptes des autres, sans me mentir à moi-même.

Dans cette assertion, le désir n’est pas affirmation d’un manque mais plutôt, la volonté de m’épanouir. Telle une plante qui va croitre en fonction de son environnement mais qui n’aura de cesse que de vouloir se développer.

 

 

Nous ne pouvons conclure sans faire référence à François Jullien qui, en reprenant la tradition chinoise, nous dit que la véritable puissance est de se vivre comme l’eau. Notre chemin se transforme alors en un cours d’eau qui contourne les obstacles, réduit les barrages, s’écoule inlassablement sans heurt dans un climat de sérénité. « Ce qui caractérise la véritable force, en définitive, est qu’elle ne (se) force pas. La pensée chinoise ne se lasse de revenir sur ce motif : il est dans la nature de l’eau de couler vers le bas ; si elle peut charrier jusqu’aux pierres sur son passage, c’est en se contentant de suivre la pente qui s’offre à elle. L’eau est l’image de ce qui ne cesse de chercher une issue, pour poursuivre son chemin, mais sans faire violence à son inclination, en suivant sa propension (…). Le stratège, comme l’eau, contourne les obstacles et s’insinue par là où la voie est libre devant lui ; comme l’eau, il ne cesse d’épouser la ligne de moindre résistance et de trouver, à tout moment, par où c’est le plus facile de progresser ».

 

Hennequin, père et fils

 

Évaluer cet élément
(2 Votes)

C'est gratuit

Abonnez-vous pour recevoir des conseils gratuits régulièrement pour vivre vos rêves

captcha

Faire un don

Ce site est entièrement gratuit, merci pour votre soutien



Présentation

Suivez nous sur Facebook

Aller au haut